Sur la pointe des pieds
04/11/2026 17h22 - Dernière mise à jour le 04/11/2026 17h27








SUR LA POINTE DES PIEDS
Une exposition photographique par Noémie Lecampion

Du 7 au 28 novembre au Centre Binet


Lorsque l’on pense autisme, c’est tout d’abord à l’enfant ou l’adolescent qu’on fait référence.

La série « Sur la pointe des pieds » permet une mise en lumière d’adultes diagnostiqués TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme). Le parcours différent de chacun d’entre eux crée un discours commun porteur à tous. Les photographies sont frontales, telles quelles, sans recherche de mise en scène. Les personnes nous laissent entrer dans leur intimité, leurs sujets de discussions, leurs centres d’intérêts et leur environnement. Non seulement Noémie utilise un procédé photographique argentique permettant de prôner la lenteur de la prise de vue, mais aussi, leur laisse la possibilité de choisir, avec une poire de déclenchement, à quel instant se prendre en photo. Ils sont maîtres de leur choix. C’est une façon d’affirmer leur existence. Amener une co-création entre l’appareil, la personne photographiée et la photographe. A travers ce procédé, ils décident du regard que l’on portera sur eux. Ils le maîtrisent. Affirmer son image et se montrer tels qu’ils sont au naturel, sans artifice, sans tricher. Sensibiliser, lutter contre les clichés et interroger la place de chacun dans notre société est le but de cette série. Eux, qu’on efface volontairement à cause de leur «différence», leur «étrangeté», leur « bizarrerie» n’ont plus à se cacher. La photo n’est que la finalité d’une confiance mutuelle établie entre le sujet et la photographe.

En France, environ 700 000 personnes sont concernées par les Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA). Beaucoup sont encore non ou mal diagnostiqués. Loin des représentations médiatiques, c’est un handicap du quotidien, un handicap invisible. Les expressions courantes autour du terme « autiste » révèlent moqueries et incompréhensions. Chaque personne est unique, mais des similitudes apparaissent : difficultés de communication, interactions sociales, comportements répétitifs et intérêts restreints. Mais au-delà de ces questions sociales, ce sujet soulève des questions d’ordre 
sociétales, politiques, de discriminations, de précarités (précarité administratives comme l’accès au diagnostic et aux droits, précarité scolaire et professionnelle, précarité économique comme les emplois instables, l’exclusion ...).

« Sur la pointe des pieds » accompagne celles et ceux qui sont diagnostiqués, celles et ceux qui pensent l’être, et celles et ceux — comme Noémie — qui les regardent, les aiment, et apprennent à comprendre autrement. Cette série cherche à déplacer ces regards et à agir.